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Un bref historique
Les Baronnies tirent leur nom des Barons
de Mévouillon et de Montauban qui, du XI au XIIIe siècle avaient acquis une
grande indépendance sous la suzeraineté lointaine des Empereurs d’Allemagne. Leur
territoire peuplé depuis la préhistoire et profondément marqué par l’influence
romaine a connu toutes les vicissitudes de l’histoire de France. Certaines ont
été durement ressenties, telles les guerres de religion au XVIe siècle et plus
près de nous, les guerres mondiales ; la première par la saignée qu’elle a
provoquée dans la population, la seconde par la Résistance, très active dans la
région. De cette longue histoire résulte un sentiment de solidarité,
d’appartenance à un même pays, en dépit des divisions administratives actuelles,
qui explique la large adhésion des Baronniards et de leurs élus au récent projet
de création d’un part naturel régional des Baronnies.

La géographie
Ce territoire fait partie des Pré-Alpes du sud : limitée à l’est par le Buech de Serres à Sisteron,
au sud par le Ventoux et la Montagne de Lure, à l’ouest par les plaines de la
vallée du Rhône, au nord, de manière plus floue, par le pays de Dieulefit et le
Diois. Ce (petit) pays est maintenant à cheval sur 4 départements : en majorité
en Drôme et dans les Hautes-Alpes, en partie dans les Alpes de Haute-Provence et
en partie dans le Vaucluse. Ce territoire est composé de moyennes montagnes
calcaires. La plupart des sommets ont une altitude comprise entre 1000 et 1600
m. Les petites vallées parfois creusées en gorges par les cours d’eau sont
orientées en tous sens. L’ensemble crée un relief très compartimenté.« Partout
des corniches abruptes couronnent des versants raides ; Jamais de surfaces
planes étendues, … morcellement extrême en toutes petites cellules, combes ou
cuvettes synclinales isolées par des gorges sauvages ou des cluses étroites. »
Jean Masseport 1960. En conséquence, circuler dans les Baronnies implique « …
qu’il faut bien souvent gravir ou dévaler les lacets d’un col, franchir un
étroit goulet ou négocier une suite de virages. » Jean-Claude Daumas 1996 «
Montagnes drômoises ». En revanche, on y circule la plupart du temps sous le
soleil de Provence. Ce pays possède un climat à la fois méditerranéen – nous
sommes en Provence - et une petite fraîcheur alpine pas désagréable – nous
sommes en moyenne montagne. En hiver, la neige vient parfois recouvrir les
sommets. En été, on cherche l’ombre de la sieste au chant des cigales. Cette
double influence, de la Méditerranée et des Alpes, crée une richesse étonnante
de la flore et la faune.

La flore L’endroit sent la lavande et le
sapin. On trouve au pied des chênes verts et des chênes pubescents de très
nombreuses espèces d’orchidées. La rarissime pivoine s’épanouie dans les éboulis
calcaires ou sur les crêtes tandis que le Sabot-de-Vénus se cache sous les
hêtres. L’Euphorbe et la Catamanche poussant au soleil du midi. La gentiane de
Koch et les Hélianthèmes colorent les pelouses d’altitude que les chamois ne
manquent pas de fréquenter.

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La faune
Les vautours fauves planent dans l’azur.
Les chevreuils et les sangliers se cachent dans la garrigue. Le Hibou Grand Duc
surveille son territoire de sa falaise. Le lézard vert tente d’échapper au
circaète Jean-le-Blanc, aigle mangeur de reptiles. L’aigle royal cherche le
lièvre imprudent ou malade. Mais cette faune n’est pas seule dans la nature.
L’homme s’est installé ici il y a bien longtemps.

La population
Pour près de 2000km2, les Baronnies
rassemblent un peu plus de 22.000 habitants (recensement de 1999), soit une
densité moyenne guère supérieure à 10 h/km2, mais cette densité peut tomber à
moins de 5 dans les communes de l’intérieur dont trois sur cinq comptent moins
de 100 habitants et une sur quatre moins de 50. Cette faiblesse du peuplement
résulte d’un intense dépeuplement du milieu du XIXè siècle à 1975, qui
s’explique par un fort exode rural et par les effets des guerres. Depuis 1975,
la dépopulation semble arrêtée et la population s’accroît notamment sur les
bordures orientale et occidentale (surtout) où se trouvent les deux villes
principales, NYONS (6.948 hab.) et BUIS les BARONNIES (2.367hab.)

L'économie
Elle a connu de
profondes transformations depuis 1945. L’agriculture reste prépondérante,
employant près du tiers des actifs. La polyculture traditionnelle associée à un
petit élevage a disparu au profit : Des
arbres fruitiers qui progressent vers l’intérieur à la faveur des
vallées de l’Eygues et de l’Ouvèze (abricotiers, cerisiers) ou du Céans
et de la Méouge (pommiers, poiriers) ; dans la région Nyons – Buis les
Baronnies, les oliviers restent importants (A.O.C. olives et huile de
Nyons.De la vigne, A.O.C. Côtes du Rhône dans le secteur
Nyons-Vinsobres, vins des Coteaux des Baronnies (Buis les Baronnies –
Sainte-Jalle). Ces dernières années (fin première décennie) des
problèmes phytosanitaires se posent dans les vergers, l'huile d'olive
et le vin connaissent des difficultés de commercialisation. La région
possède enfin un important secteur plantes à parfum (lavande, lavandin)
médicinales et aromatiques qui donne lieu à un important commerce de
fleurs séchées et d’huiles essentielles.
L’industrie n’a jamais connu un grand développement ; elle
assure 20% des emplois et elle est représentée par des petites entreprises nées
de la transformation des produits agricoles ; l'industrie aromatique et les technologies de pointe
représentent beaucoup d'emplois.
Le tourisme
Le tourisme tend à se
développer dans tout l’espace des Baronnies au climat réputé et aux paysages
magnifiques jusqu’à présent préservés : activités sportives (VTT, vol à voile,
randonnées, escalade…) climatisme et tourisme de terroir. Tous les secteurs de
l’économie profitent de son essor.
Vincent BOUTONNET et Jean
LAGET |